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le coeur battant de nos mères / the mothers +1

Over the Rainbow, Israel Kamakawiwo'ole


Anna Valenn aime les +1ers romans

"Tu en veux un ?" proposa Aubrey.

Nadia hésita, avant de prendre le brownie dont elle arracha un coin. Elle mâcha lentement, presque déçue de constater que c'était délicieux.

"Ouah. C'est ta mère qui a fait ça ?"

Aubrey ferma son sac. 

"Je ne vis pas avec ma mère, dit-elle.

- Ton père, alors ?

- Non. Je vis avec ma soeur, Mo. Et Kasey.

- Qui est Kasey ?

- La petite amie de Mo. Elle cuisine très bien.

- Ta soeur est homo ?

- Et alors ? rétorqua Aubrey. C'est pas un drame."


The Mothers, Brit Bennett / Le Coeur battant de nos mères, traduit de l'américain par Jean Esch aux éditions Autrement - On suit les parcours de la belle et brillante Nadia dont la mère s'est suicidée, de la douce Aubrey dont la mère se soumet à des hommes violents, et du beau Luke, fils de femme de pasteur. Dans une communauté noire, religieuse et pro-life, le prix de l'émancipation, et le coût des renoncements.


Nadia finally understood, why Aubrey had left and why her mother had let her, why her sister had helped create a bedroom out of a Disney movie, why Mrs. Shepard cherished her. In a way, Nadia almost felt lucky. At least her mother had been sick - at least she'd only tried to hurt herself. At least her mother would've never let a man hit her child. Her mother was dead, but what could be worse than knowing that your mother was alive somewhere but she wanted a man who hit her more than she wanted you ?


colorstruck (l'autre moitié de soi / the vanishing half)

Over the Rainbow, Israel Kamakawiwo'ole


Anna Valenn, Le Blog

"Ça ressemble à quoi, Mallard ?"

Elle imaginait une bourgade comme Mayberry dans The Andy Griffith Show : bucolique et accueillante, des femmes qui laissaient des tartes refroidir sur le rebord des fenêtres. Une ville si petite que tout le monde se connaissait. Dans une autre vie, Kennedy aurait passé des vacances d'été là-bas. Elles auraient joué devant la maison de leur grand-mère. Mais Jude éclata de rire. 

"Atroce. Ils n'aiment pas les Nègres blancs. Tu te sentirais chez toi." 

Elle avait parlé d'un ton si dégagé que Kennedy faillit ne pas réagir.

"Je ne suis pas noire."

Jude rit encore, cette fois plus mal à l'aise.

"Ta mère l'est.

- Et après ?

- Donc toi aussi.

- Pas du tout. Mon père est blanc, tu sais. Et tu n'as pas le droit de te pointer et de me dire qui je suis." 


The Vanishing Half, Brit Bennett L'autre moitié de soi, traduit par Karine Lalechère pour les éditions Autrement.  - Desiree et Estelle Vignes sont nées sept minutes l'une après l'autre à Mallard, petite ville de Louisiane où tout le monde est métis à la peau claire. Leur père sera lynché sous leurs yeux par des hommes blancs. À 16 ans, en 1954, elles fuient ensemble Mallard pour la grande ville où Desiree tombera amoureuse d'un noir noir, et Stella se fera passer pour blanche et coupera les ponts avec son passé. 

Un roman haletant, véritable page-turner, où l'on sent toute la tendresse et l'empathie de l'écrivaine à l'égard de ses personnages, et qui ouvre le coeur à toutes les couleurs. 



She'd been caught before. Only once, the second time she'd ever pretended to be white. During her last summer in Mallard, weeds after venturing into the charm shop, she'd gone to the South Louisiana Museum of Art on an ordinary Saturday morning, not Negro Day, and walked right up to the main entrance, not the side door where Negroes lined up in the alley. Nobody stopped her, and again, she'd felt stupid for not trying this sooner. There was nothing to being white except boldness. You could convince anyone you belonged somewhere if you acted like you did.

In the museum, she'd glided slowly through the rooms, studying the fuzzy Impressionists. She was listening distractedly as an elderly docent intoned to a circle of listless children, when she noticed a Negro security guard in the corner of the room staring. Then he'd winked, and, horrified, she rushed past him, head down, barely breathing until she stepped back into the bright morning. She rode the bus back to Mallard, her face burning. Of course passing wasn't that easy. Of course that colored guard recognized her. We always know our own, her mother said.