Anna Valenn, Le Blog |
La porte (Az ajtó), Magda Szabó - traduction du hongrois par Chantal Philippe pour les éditions Viviane Hamy ; aussi en Livre de Poche . Prix Femina étranger - C'est une histoire d'affection d'ordre filial entre Magda, écrivaine reconnue, et sa servante pendant vingt ans, Émerence, toute générosité courage, excentricité et dignité. Roman original, chaleureux comme un plat de marraine.
Je suis quelqu'un de sociable, j'aime parler même à des inconnus, Emerence se limitait à dire le strict nécessaire, retournait vite au travail qu'elle effectuait avec tant de soin, car elle avait toujours cinquante mille choses à faire. Elle vivait vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et bien qu'elle ne reçut personne entre ses quatre murs, les nouvelles passaient par elle, le carré de sa loge était comme une salle de télex, chacun annonçait tout ce qu'il savait, décès, scandales, bonnes nouvelles, catastrophes. Elle avait plaisir à s'occuper des malades, je la rencontrais presque chaque jour dans la rue portant un récipient couvert que je reconnaissais à sa forme ; à tous ceux qui, selon la rumeur publique, avait besoin de nourriture reconstituante elle attribuait une portion mesurée dans un plat de marraine. Emerence savait toujours où on avait besoin d'elle, elle avait un tel rayonnement que les gens se laissaient aller aux confidences avec elle, sans espoir de confiance réciproque, ils savaient bien qu'en échange ils ne recevraient que lieux communs comme Polichinelle.