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sanction / strafe

Où va le monde ? La Femme

Anna Valenn x la Nouvelle

- Tomber amoureux est un processus extrêmement complexe. Au départ, nous ne sommes pas amoureux de notre partenaire, mais plutôt de l'image que nous nous faisons de lui. Lorsque cette image est rattrapée par la réalité, autrement dit lorsque nous comprenons qui est vraiment l'autre, la relation entre dans une phase critique. Aux Etats-Unis, on voit souvent des femmes normales, avec les pieds sur terre, épouser des détenus. En général, elles font leur connaissance par le biais de petites annonces. Elles savent donc qu'elles ont peu de chances de partager un jour la vie de leur partenaire. Et pourtant, ces relations sont solides. C'est le même phénomène que chez M. Meyerbeck. L'amour que ces femmes portent aux détenus ne connaîtra jamais l'épreuve de la réalité. De la même manière, la relation de M. Meyerbeck avec sa poupée ne se concrétisera jamais. Ainsi, rien ne risque d'ébranler son amour. C'est une relation heureuse et pérenne.





Sanction, Ferdinand von Schirach. Titre original : Strafe, recueil de nouvelles traduit par Rose Labourie publié aux éditions Gallimard -  Ces nouvelles sont d'égal intérêt, ce qui est rare, et ont la force de l'expérience connue, c'est que l'auteur est avocat de la défense au barreau de Berlin, et son talent de nouvelliste frise ici la perfection. Passionnante lecture, et par moments, bien bien dérangeante. 

alors tu es toujours flic ? (les talons hauts rapprochent les filles du ciel) +1

Elle ne t'aime pas, La Femme

Anna Valenn aime les +1ers romans

Un dernier regard au Masque de l'année - qui lisait une littérature aussi facile, franchement ? - et je sortis de la pièce pour reprendre mes recherches.




Les talons hauts rapprochent les filles du ciel, Olivier Gay (Éditions du Masque) - John-Fitzgerald Dumont dit Fitz, clubbeur et tombeur, deale de la coke auprès de la jet-set, juste ce qu'il faut pour maintenir son petit train de vie insouciant, 25m2 rue François 1er, où culbuter ses conquêtes d'une nuit. Confrontée à une série de meurtres atroces de jeunes femmes de ce monde-là, Jessica, son ex- et jolie commissaire fait appel à ses compétences en drague. Un premier roman, et polar bien ficelé.

Presque sans réfléchir, je m'allumai une cigarette. Je ne fumais pas au réveil, d'habitude, mais l'appel m'avait plus secoué que j'imaginais. Comment les retrouvailles allaient-elles se passer ? Sourire convenu, baiser sur la joue, comment vas-tu, quel plaisir de te revoir, alors tu es toujours flic ? Contact enflammé, rappel du passé, yeux dans les yeux, dernier tango à Paris ? Froideur polaire, regard de glace, poignée de main, rancune tenace ?

je ne porte que de la soie (LE CHEMISIER)



Anna Valenn, Le Blog
Sur la planche, La Femme
Sur ce... nous allons passer aux oraux...

Alors...

- Merde. Merde...

- Oh non, me dis pas que j'ai oublié...

Et bien commençons par...

Séverine Armand.

Si vous voulez bien descendre.

Mademoiselle Armand... S'il vous plaît.

- Mon plan... Merde.

Allez, il y en a d'autres après vous.

- Oui, j'arrive.


Un T-shirt, une culotte, ça coûte pas
plus de dix balles. 
- Je ne porte que de la soie.
Tu commences à me plaire, toi. 
- J'vais rentrer mais je t'appelle.
T'es vraiment jolie.
- Merci

On se dépêche, merci.



Brillant.

Voilà ce qu'on attend d'un commentaire !

Parties équilibrées, progression de la pensée.

Elle ne nous bombarde pas d'une terminologie. Elle ne ne fait pas la liste de figures de style.

Elle nous fait vivre le texte.

Elle n'a pas non plus les yeux rivés sur ses notes. Elle connaît son sujet, elle sait où elle va. 

Très fin, tout en nuances.

Vraiment chapeau. 

C'était parfait.

- Merci.

Vous pouvez remonter. 

Bon suivante... Esther Bourdin.





Le chemisier, Bastien VIVÈS texte et dessin publié chez Casterman - Séverine Armand est une jeune fille transparente, jusqu'au soir où elle enfile un chemisier en soie couleur perle. Bastien Vivès est très fort pour raconter la vie intérieure de ses personnages, les fantasmes et les émancipations.


Sincèrement... C'était brillant.

Mais rappelez-moi, c'est la première fois que vous passez l'agrèg' ?

Oui, tout à fait.

C'était limpide... d'une grande qualité.

Je dois vous laisser, mais je participe à des lectures à la maison de la poésie. Si ça vous dit de passer ?