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go go go grow grow grow! (la constellation du chien / the dog stars) +1

Finding Beauty, Craig Armstrong

Anna Valenn aime les +1ers romans
J'ai un voisin. Un seul. Nous deux sur un aérodrome de campagne à quelques kilomètres des montagnes. Un terrain de préparation au brevet où ils ont construit quelques maisons pour ceux qui n'arrivaient pas à dormir loin de leur petit avion, comme les golfeurs qui passent leur vie sur un golf. Bangley, c'est le nom inscrit sur les papiers de son vieux pick-up qui ne roule désormais plus. Bruce Bangley. Je les ai déterrés de la boîte à gants alors que je cherchais un manomètre que je puisse garder avec moi dans la Bête. Une adresse à Wheat Ridge. Mais je ne l'appelle jamais par son nom, à quoi bon, on n'est que tous les deux. Rien que nous sur un rayon d'au moins treize kilomètres ce qui représente la distance de plainee jusqu'à la lisière des bois de genevrier au pied de la montagne. Je m'en tiens à Hé ho.


Premier roman de Peter Heller, The Dog Stars / La Constellation du chien, merveilleuse traduction de Céline Leroy, belle belle  écriture sensible, pour les éditions ACTES SUD (aussi en format poche). - Dans une Amérique post-apocalyptique, une histoire de survie et d'amitié et d'amour, écrite dans une langue à forte personnalité.


I just say, Hey. Above the juniper is oak brush then black timber. Well, brown. Beetle killed and droughted. A lot of it standing dead now, just swaying like a thousand skeletons, sighing like a thousand ghosts, but not all. There are patches of green woods, and I am their biggest fan. root for them out here on the plain. Go Go Go Grow Grow Grow! That's our fight song. I yell it out the window as I fly low over. The green patches are spreading year by year. Life is tenacious if you give it one little bit of encouragement. I could swear they hear me. They wave back, wave their feathery arms back and forth down low by their sides, they remind me of women in kimonos. Tiny steps or no steps, wave wave hands at your sides.

et bam ! bang! (peindre, pêcher & laisser mourir / the painter)

Folsom Prison Blues, Johnny Cash

Anna Valenn / VO
Her hand stirred, woke up. Crept stealthily up under the loose leg of the shorts, worked inward, found me. I don't wear underwear unless it's like some formal event.

My dick was as surprised as I was. Kind of embarrassed. She brushed it with the curled backs of her fingers then pounced. Squeezed and tapped. Amazing how fast an embarrassed cock, one with ethics, social sensibilities and all sorts of reasons to just stay home, amazing how fast it can forget everything and plunge for the prize at a hundred miles an hour. Must be how a venerable, canny trout feels when it triggers on an elk hair caddis - somewhere in its pea brain it knows, knows, this is probably not a good idea, but Fuck it. Also, she was- what? Ten years older than Alce would be, but still, she was young. I shuddered. She- It wasn't right. Any of it.

"Uhh," I said...


"I want you to see me naked. No painting. A person seeing another person."


"Uhh," I said. "I haven't had much luck lately."

"You don't need luck, dummy. I just want you to look at me. C'mere."

She gave the head one more friendly squeeze and took my hand and led me through the screen door into the bedroom.




The Painter, Peter Heller / PEINDRE, PÊCHER & LAISSER MOURIR, trad. de l'américain par Céline Leroy, pour les éditions Actes Sud, en format poche Babel. Roman d'évasion. Issu d'une famille de bûcherons, Jim Stegner est un peintre coté, pêcheur de poissons, et justicier ardent. Vue d'ici, histoire assez improbable, servie par une écriture magnétique, bien joliment traduite.



Sa main a remué, s'est réveillée. S'est faufilée furtivement sous la jambe ample du short, s'est frayé un chemin, m'a trouvé moi. Je ne porte pas de sous-vêtements à moins d'une occasion formelle.

Ma queue était aussi surprise que moi. Un peu  gênée.  Sofia l'a effleurée du revers de la main avant de s'engager. Elle a serré, donné de petites tapes. C'est fascinant, vraiment 
fascinant de voir combien une queue gênée, avec une éthique, des sensibilités sociales et toutes sortes de raisons de rester chez elle, peut tout oublier d'un coup et se précipiter vers le gros lot à cent mille à l'heure. C'est ce que doit ressentir une  truite noble et futée quand elle gobe une mouche en  poils d'élan - quelque part dans son cerveau gros comme un petit pois, elle sait, elle sait, que ce n'est sans doute pas une bonne idée, mais tant pis. Et bam ! Sans parler que Sofia avait... quoi ? Dix ans de plus que l'âge d'Alce si elle avait été vivante, mais quand même, ça faisait jeune. J'ai frissonné. Elle... ce n'était pas bien. Rien de tout ça ne l'était.

"Hum," ai-je dit.

"Je veux que tu me voies nue. Sans tableau. Un être humain qui regarde un autre être  humain."

"Hum. Je n'ai pas eu beaucoup de chance ces derniers temps." 

"Tu n'as pas besoin de chance, idiot. Je veux juste que tu me regardes. Viens là."

Elle a donné une pression supplémentaire au gland, puis m'a pris par la main et m'a conduit dans la chambre.

celine


On The Road Again, Willie Nelson
Anna Valenn / VO

Celine Watkins was a private eye. It was an odd vocation for someone in the Social Register who had grown up partly in Paris, partly in New York. She may have been the only PI on earth whose father had been a partner at Morgan's in France during the war. The only working PI who had come to New York city when she was seven and attended the Brearley School for girls on the Upper East Side, and then Sarah Lawrence. Where she studied art, and at twenty-one spent a year back in Paris, where she apprenticed with an expressionist and was proposed to by a duke. 



Reading  Celine by Peter Heller was fun (more later - when  published in France, translated by Céline Leroy)



"What good is a gun if you don't load it, Pete? Heavens."