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Anna Valenn aime les +1ers romans |
trois voeux / three wishes +1
changer l'eau des fleurs
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premier sang
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Je comprends qu'il s'agit de moi. Je traverse un instant de regret : j'étais prêt, je ne sais si, un jour, je serai aussi prêt.
Premier Sang, Amélie Nothomb chez Albin Michel - Une écriture personnelle, vivante, pour rendre hommage à son père. Moments de son enfance, histoires de son adolescence, et épisode à haute tension de sa carrière de diplomate. Un brin too much pour être vrai ce qu'elle raconte, qu'importe. Un peu de joyeuse excentricité dans un monde terne, ça se dévore.
les délices de tokyo / an +1
Spring, Vivaldi recomposed by Max Richter
Ces dorayaki spéciaux n'étaient pas réservés à Wakana, Tokue en confectionnait de temps à autre. Elle fourrrait de an ou de crème fraîche les ronds de pâte ratés de Sentarô. Lorsque les jeunes filles avec lesquelles elle parlait à coeur ouvert venaient, Tokue leur en offrait en disant : "C'est gratis."![]() |
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"Ceux-ci sont meilleurs", disait Wakana, qui ne tarissait pas d'éloges sur les dorayaki spéciaux. Tokue, aux anges, y rajoutait une cuillérée de miel.
Les Délices de Tokyo, Durian Sukegawa traduit par Myriam Dartois-Ako - Sentarô tient une échoppe de dorayaki, petites crêpes épaisses fourrées à la pâte d'haricots rouges sucrée. Madame Yoshii, vielle dame aux doigts tout handicapés propose de l'aider à les améliorer, c'est que des dorayaki, elle en a fabriqués pendant cinquante ans. Entre eux naît une touchante affection filiale.
J'avais vu au cinéma Les Délices de Tokyo, une merveille de poésie et d'émotion délicate. Chose suffisamment rare pour être soulignée, le film me semble supérieur au roman. Le roman est bon, le film est excellent. Le roman est un brin longuet sur les aspects pâtissiers, mais complet et intéressant le topo sur la maladie de Hansen (la lèpre), le calvaire physique et psychique enduré, le confinement strict dans un quartier réservé, et l'exclusion de la société aussi après guérison. Dans le film, tout est suggéré.
Un roman qui met un point sur le i du mot confinement, et dans lequel puiser des forces toutes printanières.
mémoire de nos peines
Sur les routes de la débâcle de 1940, on a Louise (la fille de la logeuse d'Édouard Péricourt vous vous souvenez, la gueule cassée aux masques fabuleux d'Au Revoir là-haut) et Monsieur Jules, on a Gabriel et Raoul, et ah là là, l'incroyable Désiré, et Alice et Fernand, autant de personnages attachants d'un roman requinquant.
this can happen to anyone (petits secrets, grands mensonges / big little lies)
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le secret du mari / the husband's secret
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She always pretended to herself that she didn’t let Lauren help because she was trying to be the perfect mother-in-law, but really, when you didn’t let a woman help, it was a way of keeping her at a distance, of letting her know that she wasn’t family, of saying, ‘I don’t like you enough to let you into my kitchen.’
Maybe Mum was right, she thought hazily. It’s all about our egos. She felt she was on the edge of understanding something important. They could fall in love with fresh new people, or they could have the courage and humility to tear off some essential layer of themselves and reveal to each other a whole new level of ‘otherness’, a level far beyond what sort of music they liked. It seemed to her everyone had too much self-protective pride to truly strip off down to their souls in front of their long-term partners. It was easier to pretend there was nothing more to know, to fall into an easygoing companionship. It was almost embarrassing to be truly intimate with your spouse; because how could you watch someone floss one minute, and the next minute share your deepest passion or tritest of fears? It was almost easier to talk about that sort of thing before you’d shared a bathroom and a bank account and argued over the packing of the dishwasher.
trois jours et une vie
Anna Valenn, Le Blog |
Maintenant qu'il était adulte, la prison ne l'effrayait plus, sa terreur, c'était la tourmente : le procès, les journaux, les télévisions, la presse envahissant Beauval, traquant sa mère, les gros titres, les interviews des experts, les commentaires des chroniqueurs judiciaires, les photographies, les déclarations des voisins... Il imaginait Emilie bêtifiant face à un objectif de caméra, elle ne se vanterait pas de ce qu'ils avaient fait ensemble. Le maire tenterait de disculper la ville, mais en vain : Beauval avait abrité à la fois la victime et l'assassin à quelques dizaines de mètres de distance, on ferait pleurer Mme Desmedt pour la filmer, elle serait accompagnée de Valentine, trois mioches sur les bras, et on reposerait gravement la question, la sempiternelle question : comment peut-on devenir assassin à douze ans ? Tout le monde adorerait ce fait divers parce que, face à lui, chacun se sentirait merveilleusement normal. La télévision se livrerait à un historique des cas célèbres, remontant aussi loin que le permettraient les archives de la police. Le crime de Beauval exorciserait les velléités de violence de tout un peuple, on pourrait se délecter de placer la faute sous la responsabilité d'un seul, de la satisfaction de voir quelqu'un puni pour une action dont n'importe qui serait capable.
Il grimperait en quelques minutes au firmament des assassins d'anthologie. Il cesserait d'exister.
Il ne serait plus une personne, Anna Valenn, Le Blog deviendrait une marque.
c'est pourquoi je vous écris (couleurs de l'incendie)
Anna Valenn : notre Histoire, le Feuilleton |
Couleurs de l'incendie, Pierre Lemaitre chez Albin Michel ; en Livre de Poche. - Après Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013, Couleurs de l'incendie est le second volet d'un feuilleton consacré à l'entre-deux-guerres.

Au revoir là-haut, c'était fin 1918 - 1920. Couleurs de l'incendie démarre 7 ans plus tard. Engagé et généreux, un brin anar, bien documenté, parfaitement construit, de ces rebondissements, écriture visuelle, tous les personnages ont une sacrée présence. On s'émeut on s'indigne on tremble on s'amuse on jubile, on referme la 535ème page en espérant le troisième volet annoncé.
- Votre rancune à son égard tiendrait-elle... à ces penchants ?
Elle fit mine de n'avoir rien entendu, mais comprit aussitôt que ce silence serait mal interprété. Quoi, M. Dupré allait-il croire qu'elle était une femme simplement vexée d'avoir eu pour amant un homme qui préférait les hommes ? Raison basse, Madeleine avait des préjugés, mais pas ceux là.
au revoir là-haut
Au revoir là-haut, Pierre Lemaitre aux éditions Albin Michel, en Livre de Poche. Prix Goncourt 2013 - Un grand roman anar, et très bien construit, à la polar, sur la toute fin de la guerre de 14-18 et l'après. Une écriture cinématographique, les personnages créés sont intenses, vibrants, du sentiment, des rebondissements, de la fantaisie, c'est trop bon, les 573 (624 en poche) pages se dévorent.
Adapté au cinéma par Albert Dupontel. En BD aussi avec Christian de Metter.
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en art, on voit souvent
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"tout, toujours, reste en nous, c'est nous qui l'oublions." (yeruldelgger) +1
Anna Valenn aime les +1ers romans
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AU REVOIR LÀ-HAUT
JE T'AI DIT QUE C'EST NON !
ÇA NE ME FAIT PAS MARRER, MOI ! CE QU'IL VEUT FAIRE C'EST UN SACRILÈGE !
IL DEMANDE SI ÇA, C'EST PAS LE PREMIER SACRILÈGE ?
SI ON SE FAIT PRENDRE, C'EST LA GUILLOTINE. ALORS, JE SAIS QUE TU ES FÂCHÉ AVEC TA TÊTE, MAIS MOI, LA MIENNE, ELLE ME VA ENCORE ASSEZ BIEN !
AHH
AHHHH
POK
Adapté au cinéma par Albert Dupontel.
NON DÉSOLÉ CONNAIS PAS.
MERDE, LA SOUPE EST FROIDE.
PAS DE TRAIN, CAFE TIÈDE ET SOUPE FROIDE... C'EST COMME ÇA QU'ON REMERCIE LES HÉROS...
MAIS MERDE ! POUR AUXERRE, Y A TOUJOURS PAS DE TRAIN ?
ON S'EN FOUT D'AUXERRE ! POUR MARSEILLE ON EST 500 !
TU SAIS OÙ C'EST POUR LES CHAUSSURES ?
Y A LONGTEMPS QU'Y EN A PLUS, MON PAUVRE VIEUX.
TU RESSEMBLES PAS À TA PHOTO.
BAH, UNE GUERRE ÇA VOUS CHANGE UN HOMME.
C'EST POSSIBLE, MAIS MOI JE DOIS EN ETRE SÛR.
AH SOLDAT MAILLARD, JE VOUS CHERCHAIS.
SUIVEZ-MOI.
tes histoires sont jolies, mais on ne les voit pas (la faute d'orthographe est ma langue maternelle)
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Anna Valenn, Le Blog |
On dirait aujourd'hui : "Proust nuit grave."
Proust a des effets secondaires.
À force de lire Proust, je voulais être Proust. Manger comme lui : je trempais des madeleines dans mon café au lait.
Écrire comme lui : "Longtemps je me suis couché à plusieurs."
Chez moi, on était au moins deux par lit.
Dépositaire de la tradition orale.
- Nous aussi !
- Je te ferais dire qu'on a les mêmes parents.
Quand je vois mes soeurs, avec leurs yeux bleus et leur peau allant du blanc d'Espagne au coquille d'oeuf, je me dis qu'on n'est pas une famille, mais un nuancier.
La génétique a de l'humour, mais elle me prive d'une bonne excuse.
Griot africain, c'était pas mal.
Comment leur avouer que si le griot africain n'écrit pas, c'est à cause d'une remarque de mon maître :
- Tes histoires sont jolies, mais on ne les voit pas. Elles disparaissent sous les fautes d'orthographe.






